J’aime ma femme. Mais une fois cela dit, afin bien évidemment qu’elle le lise, et lui renvoyer en écho « tu vois tu dois m’aimer puisque je t’aime tant ».
Pourquoi cette introduction curieuse en un tel lieu ?
Même si je ne suis acoquiner a aucun mouvement féministe (j’aime penser que le féminisme est mort de ses propres excès), il me semble évident que la cause est loin d’être entendue. J’ai toujours voulu et souhaité une femme libre. Libre et indépendante non attachée a moi, autrement que par un lien invisible auquel on peut croire ou non, l’amour. Je sais ce que l’on nomme le machisme, puisque mon père l’était (l’est), pas d’une façon évidente tant il est intelligent et cultivé, mais de ce machisme latent et pernicieux. Il ne battait pas ses enfants (moi ou mes frères et sœurs) ni ma mère mais utilisait une palette de domination bien plus subtile.
On connaît les violences (pas toujours physiques, mais psychologiques surement) et les mécanismes qui sont utilisés afin d’amener une femme a être sous le joug de l’homme. Je n’en citerais que quelques exemples tirés de ma (ex-)vie d’enfant, jeune homme:
L’isolement social. L’homme comme seul rattachement a l’extérieur. Seul bastion avec qui partagé l’émotion, la peine à condition que cela soit possible et qu’il le souhaite. Priver de cette toile invisible qui rattache et pérennise l’humain, dans son rapport affectif aux autres. Fermer les portes et les possibilités de la réflexion sur soi, ainsi que la nécessaire prise de recul avec l’autre. Privée de famille et d’amis comment échanger sans le jugement de son partenaire-mari, comment trouver un regard non invasif sur ce que l’on est ? Voila le premier pas de l’asservissement.
Privation et isolement affectif, Il est fort probable que dans chaque couple, il y est des temps et des attentes différentes : des tempos. Une inévitable frustration nait chez l’un ou l’autre, voir les deux. C’est une évidence, néanmoins la violence c’est de renvoyer sur l’un sa frustration, en n’écoutant pas la sienne. Refuser d’échanger sur les doutes, les craintes ou même les envies de sa compagne, ne pas lui donner l’attention nécessaire dont chacun a besoin. Ne pas être simplement le miroir dans lequel elle pourrait projeter simplement ce qu’elle est.
L’éducation féminine incitera l’épouse ou la partenaire a prendre sa responsabilité, parfois toute la responsabilité de cette absence d’échange.
La dévalorisation. C’est dénigrer ses choix, ses envies. C’est mettre sa compagne en difficulté face aux autres, par mille et un moyens. C’est aussi et le plus simplement du monde lui expliquer d’un ton docte, combien sur beaucoup de choses elle se trompe. Mettre en évidence ses carences (chacun pourrait faire le compte des siennes en prenant un peu de recul) de son partenaire, sapant le socle de la confiance en soi qui lui permettrait de décider seule.
Sans aller à donner toute la méthodologie machiste d’asservissement (d’avilissement ?) de la femme, humiliation, intimidation, menace …. Il parait clair que les procédés pernicieux mis en place sont nombreux et peuvent se cacher dans de nombreux comportements du quotidien.
Préambule mis en place je voulais m’interroger et éventuellement que vous apportiez votre vision sur un point.
Et vous ?
Mon premier et seul constat, et j’en suis pleinement conscient est que j’ai ma part de machisme (mais je me soigne… ). Je le sais, cela est probablement lié à mon éducation. Je ne dis pas l’être de façon active mais passive, non voulu mais subi, certainement pas permanente car j’y prend garde et même très épisodique, mus par des réflexes pavloviens et non par envie d’une femme docile et assujettie.
Notre route est longue et si je peux poser un regard dessus autant qu’il soit sans concession.
Je sais que tu me liras, et je ne te dirais pas « je t’aime ». Non rien de ces mots la, pour que tu ne t’y sentes pas liés.
Je te dirais combien j’aime que tu sois libre et indépendante. Combien je t’apprécie en ce que tu es, Combien j’ai confiance en toi, en tes capacités, combien tu es Femme, Combien tu ne m’appartiens pas et combien nos regards se valent.
Aux grès des vents nous pilotons notre couple dans le monde sexuel ou non, En gardant une chose a l’horizon:
Avec elle je ne crains rien, a part de ne pas la rendre heureuse.
PS1: Ce texte est inspiré de part mes lectures dont je ne retrouve pas la source, que j’aimerai citer. si il vous évoque quelque chose je suis preneur.
PS2: Demain ou tout a l’heure je parle cul, marre des sujets graves.
Profession de foi